











1Façades médiévales - 12 place de la République
Dans l’ancien bourg autrefois fermé par les remparts restent 5 maisons médiévales en partie conservées, témoignant de la 1ère période de développement de la ville (12è-13è siècles), lorsque le pèlerinage sur les reliques de saint Léonard attirait des milliers de personnes. La plupart de ces maisons furent construites au 13è s. Elles se reconnaissent aux grandes arcades brisées en RDC (ouvrant auparavant sur les échoppes*), aux baies géminées (fenêtres doubles reliées par colonnette) et aux frises et modillons** sculptés.
La façade la plus complète est devant vous (actuelle pâtisserie Martin) ; il ne manque que les baies géminées du 1er étage.
D’autres façades sont visibles aux adresses suivantes :
3 r. JJaurès, 1 pl. de la République, 5 pl. Gay-Lussac, Maison dite des Consuls – 1 place Gay-Lussac.
* boutiques / commerces
** pierre sculptée, support à une corniche (bandeau de pierre)

2Les maisons « à la tour ronde » et « à la tour carrée »
Deux maisons du 17ème siècle se distinguent par leur architecture ostentatoire, chacune présentant une tour en encorbellement (suspendue dans le vide). Ces tours ont pour unique fonction l’apparat : elles ne renferment pas d’escalier et sont trop étroites pour servir de pièce à vivre. Elles avaient pour objet de refléter la richesse de leur propriétaire et témoignent de la prospérité retrouvée des17ème et 18ème siècles, liée aux activités artisanales autour de l’eau (papeterie, tannerie).

3La collégiale Saint-Léonard
Cette grande église n’était pas une église ouverte aux paroissiens (contrairement à aujourd’hui). On l’appelait « collégiale » car elle était gérée par un groupe de religieux appelé « collège » de chanoines. Il existait autour de cette église d’autres églises, paroissiales, c’est-à-dire destinées à accueillir les fidèles pour les cérémonies habituelles (toutes disparues à la Révolution, seule la collégiale, par ses dimensions supérieures, a été conservée).
La collégiale était donc réservée à l’usage exclusif des chanoines, et uniquement ouverte aux pèlerins qui venaient en nombre de toute l’Europe pour vénérer les reliques de saint Léonard, fondateur légendaire de la ville (†599) sur le tombeau duquel on éleva une première église rapidement trop petite et remplacée par la collégiale. Inscrite au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO (au titre des Chemins de Compostelle en France)

4L'architecture de la collégiale Saint-Léonard
Cette collégiale a été construite entre les 11è et 13è siècles (parties les plus anciennes : nef et transept. Le chœur a été reconstruit dans la 2è moitié du 12è s. pour adapter l’église au pèlerinage attirant des milliers de personnes et la hisser au rang des plus grandes églises de pèlerinage (même modèle que Sainte-Foy de Toulouse, Saint-Jacques-de-Compostelle…). La façade ouest (13è s.) en est le seul élément gothique de cette église, joyau de l’art roman Limousin. Au 17è siècle, le chœur a été consolidé à l’intérieur en enfermant une colonne sur deux dans un pilier carré, et à l’extérieur par l’ajout d’arcs boutants (éléments normalement issus de l’architecture gothique). L’église a été intensément restaurée au 19è s. Éléments les plus remarquables : son chœur et son clocher, les chapiteaux sculptés sous le porche du clocher et dans le choeur.
5La maison dite des Consuls
Construite au 13è siècle, cette maison particulière abritait les consuls, administrateurs de la ville (équivalent des maires actuels), élus à Saint-Léonard dès le 13è siècle. Ils étaient choisis parmi les principaux bourgeois de la ville (avocats, médecins ou marchands), âgés au minimum de 25 ans. Jusqu’au 18è siècle, seulement une trentaine de familles ont été consuls, de père en fils.
L’architecture médiévale de cette maison tient à la grande arcade brisée en RDC et aux séries de baies géminées (fenêtres doubles, reliées par une colonnette) ornant sa façade sud. Les mêmes motifs devaient exister sur sa face Est (départ d’arcade visible sur l’angle du mur).
Cette demeure fait partie des 5 maisons médiévales en partie conservées témoignant de la première période de développement de la ville, lorsque le pèlerinage sur les reliques de saint Léonard attirait des milliers de personnes.

6L'ancien couvent des Filles-de-Notre-Dame
Cet ancien couvent a été construit au 17è siècle par l’Ordre des Filles de Notre-Dame (ordre religieux fondé par Jeanne de Lestonac, nièce de Montaigne, à Bordeaux en 1607 ; l’ordre s’installe à Saint-Léonard en 1652). Les religieuses y accueillaient les jeunes filles, pauvres comme « demoiselles », afin de leur prodiguer une éducation. Après dissolution en 1792, les Filles de Notre-Dame se réinstalleront à Saint-Léonard en 1838 et feront construire un nouveau couvent en 1897-1898 : actuel collège Bernard Palissy, en forme de U comme le préconisait la fondatrice de l’ordre (contrairement à ce premier bâtiment en forme de L). Elles l’intègrent en octobre 1898, avant d’être expulsées par la loi de séparation de l’Église et de l’État (1905).
Ce bâtiment est devenu gendarmerie après le départ des religieuses. Il abrite aujourd’hui le Foyer rural et le Musée Gay-Lussac.

7L'ancien hôpital
Fondé en 1191, près de l’ancienne Porte Aumonière, il n’avait pas tout à fait la même fonction que l’on prête actuellement à un "hôpital". Soignant certes les malades, il accueillait aussi pèlerins, voyageurs, orphelins et miséreux. Vestiges encore visibles : deux très beaux portails limousins du 13e s., inscrits sur la liste des Monuments Historiques (1949). En 1896, devant sa vétusté, l’hôpital déménage. Le bâtiment devient en 1900 la fabrique de chaussures Granger-Pouret, qui fonctionnera pendant plusieurs décennies.

8La maison de l'Ermitage
Ce n’est pas cette maison (18è s.) qui est intéressante ici mais son emplacement. Selon la tradition, c’est ici que Léonard, saint fondateur de la ville, aurait implanté son habitation (ermitage = lieu d’habitation d’un ermite). Les sources historiques décrivent Léonard comme un ermite (religieux retiré dans un lieu désert), venu au 6è siècle pour évangéliser la région, (répandre la religion chrétienne catholique). Filleul du roi Clovis, il avait obtenu de son parrain le droit d’aller rendre visite aux prisonniers (il était confesseur) : la légende en a fait le libérateur des prisonniers, pouvoir apprécié au Moyen Âge, période de guerres fréquentes. Son culte s’est propagé dans l’Europe entière dès le 11è s., attirant dans la ville des milliers de pèlerins. La statue visible sur cette façade le figure portant un livre (cf. sa fonction de confesseur) et des entraves (prisonniers).

9Sur les traces des anciens remparts
Durant la 2ème moitié du 12è siècle, le bourg de Saint-Léonard est clos d’un rempart et d’un fossé sec, dont le tracé correspond aux actuels boulevards autour du centre-ville. Ces aménagements défensifs comprenaient un rempart crénelé, 5 portes principales et 4 secondaires, fermées tous les soirs pour empêcher l’accès à la ville. Devenus inutiles après le 17è s., les remparts furent détruits au 18è s.. Il n’en demeure que 3 vestiges : une pile de porte à l’extrémité de la rue Victor Hugo (donnant sur le boulevard Pressemane) ; des supports de mâchicoulis* au bout de la rue Jean Jaurès (visibles depuis le boulevard Pressemane) ; et la base d’une tour en bordure du boulevard Carnot.
* mâchicoulis : galerie située en haut d’un ouvrage de fortification, percée d’ouvertures à sa base dans un but défensif (observation de l'ennemi) et offensif (envoi sur l'attaquant de projectiles…).

10La bascule
Le poids public (ou bascule publique) servait autrefois à peser les animaux vendus lors des foires. Ces dernières prenaient place sur ce qui était alors le champ de foire (espace correspondant à l’actuel parking). Elles étaient réputées et attiraient de nombreux vendeurs et acheteurs, comme en témoignent certaines cartes postales anciennes.
Le plateau (côté avenue du Champ de Mars) était relié à un mécanisme de pesée qui subsiste à l’intérieur du petit bâtiment voisin (devenu l’Office de Tourisme) : il fonctionne toujours et est visible sous la fenêtre du rez-de-chaussée donnant sur la rue Pasteur.
