Cette complainte est une œuvre du chansonnier nordiste Léon Deplanque. Elle a été abondamment vendue et chantée dans les rues de France en 1944.
Tirée à 475 000 exemplaires, selon son auteur, cette feuille s’ouvre sur une saisissante composition graphique, dominée par une tache sanglante où se lit le nom d’Oradour. On y représente le martyre des hommes, femmes et enfants, avec une silhouette crucifiée à l’arrière-plan.
Le crime d’Oradour-sur-Glane est la dernière occasion où un fait divers sanglant a été médiatisé par le biais de chansons. Autrefois populaire, la « complainte criminelle » a connu son heure de gloire entre 1870 et 1940. Ce récit chanté était alors un media apprécié et efficace : concurrençant la presse populaire, les « canards », feuilles illustrées portant la complainte, répandaient dans la population les grandes nouvelles. Ainsi naufrages, accidents et crimes ont été chantés jusqu’à la dernière guerre.
La démocratisation de la presse illustrée et l’arrivée de la radio ont fait disparaître ces feuilles à la Libération. Oradour est le dernier « crime chanté » français d’importance : une dizaine de chansons, écrites sur des mélodies à la mode – un refrain de Tino Rossi en l’occurrence – sont produites en 1944. Léon Déplanque (1896-1966) d’Hénin-Liétard est un chanteur des rues apprécié dans le Nord de la France, l’un des derniers à écrire des chansons d’actualité à la mode ancienne.
📂 Source : Archives du CMO, sans date, cote 4A37
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